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Nov 25

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Candidat.e.s aux législatives pour la France Insoumise !

2048x1536-fit_jean-luc-melenchon-meeting-paris-5-mai-2016Pour la « France Insoumise » l’élection présidentielle et les élections législatives forment une seule et même séquence politique nationale. À peine cinq semaines sépareront le deuxième tour de la présidentielle du premier tour des législatives.

La démonstration a été faite en 2012 de l’échec auquel conduit la séparation des deux élections. Un bon score aux législatives repose quasi exclusivement sur la bonne mobilisation des électeurs de la présidentielle. Cela aboutit à une technique de campagne très claire : même programme, même identification visuelle, même cadre politique entre les deux élections et dans les 577 circonscriptions. Il n’est pas question de recommencer 577 campagnes locales sans ligne nationale, abandonnées aux notables locaux ou aux arrangements à géométrie variable avec le PS. S’y ajoutent donc deux points essentiels. Tout d’abord, les candidats devront  se déclarer en préfecture sous la même étiquette politique « France Insoumise ». C’est la condition pour que nos résultats soient comptabilisés et totalisés comme tels au niveau national. Il est vital pour la suite d’éviter le spectacle lamentable donné aux élections locales de scores éclatés entre je ne sais combien d’étiquettes et de collections de sigles !

Les candidats devront aussi se rattacher financièrement à la même association de financement « France Insoumise ». Car le financement public des partis et groupes politiques dépend du nombre de voix obtenues aux élections législatives et du nombre de députés.

Bien sûr, des accords de répartition financière avec les partis et groupements politiques alliés sont prévus par la charte. Car il n’est pas question de léser quiconque. Voilà qui est loin des caricatures affolantes qui ont circulé sur ce sujet qui ont déjà une forte odeur de cuisine interne ! Ce qui a été dit pour rendre ce point inacceptable sur le terrain, c’est autant de mensonges. Des accords auront lieu avec des partis car souvent ils proposent des candidats de qualité, bien représentatifs de ce que nous voulons représenter : militants de terrain, syndicalistes, porte-paroles, lanceurs d’alertes, femmes et hommes engagés de toutes les façons possibles. Sachez que la présidentielle n’ouvre aucun droit a financement régulier à la suite de l’élection. Cette fois ci il a donc été convenu que le reversement à chaque groupe dans la circonscription inclurait une péréquation nationale permettant à chacun de s’y retrouver ensuite et notamment de payer ses remboursements. C’est une affaire de solidarité nationale pour permettre à tout le monde de pouvoir être candidat et pas seulement ceux qui sont adossés sur une fortune ou un parti qui le prend en charge.

Une charte a donc été établie pour les candidats aux élections législatives pour mettre noir sur blanc ces points et quelques autres. Elle a été construite à partir des échanges de la Convention des insoumis.e.s à Lille au mois d’octobre. Une « cogitation insoumise » y était consacrée aux législatives. Dans l’esprit de la 6e République que nous défendons, les insoumis ont insisté pour que les candidats s’appliquent le non cumul des mandats et respectent la charte de l’association Anticor contre la corruption et les conflits d’intérêts. Ces deux points figurent donc en bonne place dans la charte. Puis la charte a été discutée avec « l’espace politique de la France Insoumise » où sont représentés les groupes politiques qui participent à la campagne présidentielle. Tout cela montre que loin de sortir du chapeau, cette charte est mise en discussion depuis un bon moment et qu’elle a été bien réfléchie par tous ceux qui ont voulus prendre parti à ce débat.

lavenir-en-commun-3J’évoque un dernier point. Il s’agit de la « liberté de vote » des députés. J’invite ceux que cela inquiète légitimement à relire attentivement la charte.

Que dit-elle ? Que les futurs députés s’engagent à « siéger au sein du groupe qui sera constitué pour construire une coopération politique entre les députés de France Insoumise ou le mouvement auquel elle aura contribué à donner naissance si telle est la décision que nous prenons collectivement à l’issue des élections » et à « respecter la discipline de vote du groupe lorsqu’une décision collective a été prise conformément au programme l’Avenir en commun ». On voit bien ici qu’il n’est pas question qu’un « chef autoproclamé » décide pour tous les autres comme cela a été grossièrement affirmé. Mais à l’inverse, en effet, il n’est plus question que le groupe de députés décide sans consulter personne, sans rendre compte à personne ni à aucune organisation qui a contribué à les faire élire.

Je sais que c’est la règle au PCF. Mais elle ne s’applique qu’à ce parti qui est bien libre d’agir comme il l’entend. Mais nous ne sommes pas obligés d’en faire autant. Pour ma part, je crois que les élus doivent s’inscrire dans une démarche collective, respectueuse des citoyens et des militants qui les ont fait élire! Il s’agit donc de prendre des « décisions collectives » et de faire vivre à la tribune, les textes de propositions de loi et par les amendements le programme partagé lors de l’élection. Pour les auteurs de la charte, les députés sont l’expression politique du mouvement et de ses électeurs. Mais, à la fin, il ne peut s’agir que d’un engagement moral et politique. Car le ou la député sait que sa stricte liberté de vote est garantie par la Constitution qui ne reconnaît pas de « mandat impératif » pour les députés. Elle l’est aussi par la loi qui punit sévèrement quiconque veut obliger un député à voter comme il ne le souhaiterait pas. C’est donc un total faux procès que d’invoquer je ne sais quelle contrainte dictatoriale qui s’imposerait aux élus.

te-laisse-pas-faireMais franchement, qu’y a-t-il alors de choquant dans cette charte ? Que refusent ceux qui n’en veulent pas ?

Pourquoi refuser que les décisions de votes de nos députés soient prises en concertation avec le mouvement qui les a investis et en conformité avec le programme de leur élection ? Que demandent-ils ? De pouvoir voter comme bon leur semble, sans lien avec leurs électeurs et leurs camarades de campagne ? De pouvoir voter contre le programme qu’ils ont porté à l’élection ? Il n’est pas question de tergiverser sur ce point. Je ne vous propose pas de revivre la gêne de voir un député élu sous notre étiquette voter contre l’égalité des droits devant le mariage qui figurait pourtant dans notre programme partagé L’Humain d’abord. Et combien d’autres choses ! Lorsqu’on dit « nous » plutôt que « je », alors chacun doit de la mettre en œuvre et faire vivre les textes décidés en commun.  C’est le début du renouveau politique que nous voulons. C’est ce que s’engagent à faire les futurs candidats France Insoumise dans toutes les circonscriptions ! C’est pourquoi on ne peut être candidat.e sans signer d’abord cette charte qui est un message de solidarité avec les insoumis et de respect pour les électeurs.

Je reviens sur cette soirée de discussion. Tâchez de ne pas ressembler aux partis traditionnels où ce genre d’exercice est bien rarement détendu ! Le mieux est de prévoir une soirée aimable et conviviale et de s’en donner les moyens. Je crois qu’une bonne campagne commence dès les préparatifs de celles-ci.

Je crois que le critère de la bonne volonté et de la bienveillance doit compter dans les recommandations de choix des réunions de circonscription. Notre mouvement est tout neuf. Soyons précautionneux avec ses premiers pas.

Extrait note de Blog de Jean-Luc Mélenchon du 25 novembre 2016

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1 comment

  1. jacques bohly

    Ayant dû m’absenter avant la fin de la réunion (ma fille ayant un traitement avec des heures à ne pas dépasser) je n’ai pu revenir qu’après la fin. J’aimerai connaître le résultat final – d’ailleurs il semble qu’il n’est pas prévu de retour d’info vers les participants, par exemple copie de la feuille de résultat envoyée. Je ne trouve pas non plus de moyen de contacter le site JLM 2017.

    Mon sentiment : partagé entre plaisir de se retrouver ensembles dans l’action, sans nier nos divergences passées, mais en partageant l’objectif, mais aussi craintes vis à vis de la suite je trouve énorme l’écart entre les 167 000 inscrits sur JLM2017 (tous les militants encartés y sont-ils inscrits ? et si oui, combien sont-ils environ ?), et le nombre d’inscrits dans les groupes d’appui. Si l’écart est important, n’est-ce pas le signe que la confiance n’est pas encore construite. dans ce cas, attention à tout ce qui pourrait donner l’impression de favoriser tel ou tel parti, ou de laisser penser à des arrangements d’arrière boutique.

    En tous cas, pour ceux qui ont exprimé le souhait de rester en contact avec moi voici l’adresse de mon blog : https://jacquesbohly.wordpress.com/ sur les commentaires du blog de jean-luc, sur framasphere.org (le réseau du logiciel libre) ou sur fesse-bouc, je signe sous mon nom : jacques bohly

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