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Nov 29

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Madrange: dans le jambon, tout n’est pas bon ! Quand le projet industriel et humain passe après les intérêts financiers…

madrangeLe syndicat CGT Madrange, entreprise agroalimentaire limougeaude spécialisée dans le jambon, a souhaité rencontrer le groupe Limousin Terre de Gauche du Conseil Régional au lendemain de l’annonce de la fermeture d’un atelier. Trois de leurs représentants ont été reçus le mercredi 30 octobre par Stéphane Lajaumont et Pascale Rome, pour Limousin Terre de Gauche.

Pour mémoire, Madrange, comme Prédault, Germanaud, Montagne noire, William Saurin, Garbit, … appartient aujourd’hui à FTL (Financière Turenne Lafayette).

Plus de 160 salariés au chômage sous peu ?

Les syndicalistes ont fait état de la décision des dirigeants de l’entreprise, annoncée au comité d’entreprise du 17 octobre, d’arrêter totalement la chaîne de désossage des jambons et d’externaliser cette activité. Sur la chaîne de production, la logistique de l’activité est encadrée par 36 salariés en CDI de Madrange, mais le désossage lui-même sous-traité à trois entreprises: Codeviande, Tradevia, ABS… qui, elles, emploient 136 personnes en CDI… Du côté des « Madrange », sept suppressions de postes sont envisagées, les autres salariés devant être réaffectés (mais à quelles conditions ?) ailleurs dans l’entreprise… aux dépens de postes d’intérimaires (Madrange en compte plus de 130…) qui, eux, retourneront, à la case chômage… Au total ce sont au moins 163 emplois (Madrange et sous-traitants) qui vont passer à la trappe.

L’arrêt total de cette activité devrait s’étaler sur 18 mois selon la direction mais les salariés et la CGT craignent que le calendrier ne s’accélère. En effet, les travaux de démantèlement de la chaîne de désossage sont déjà en cours et avancent rapidement : deux des trois salles de découpe sont déjà presque totalement démantelées.

Un choix financier contre un choix social et humain.

La Financière Turenne Lafayette fait ici un choix évident: en choisissant d’arrêter le désossage pour travailler maintenant avec du jambon « 5D » (découenné, dégraissé, désossé, dénervé et dépiécé), elle économise 1,2 million d’euros par an. Et pour approvisionner l’usine, elle devra faire venir du jambon qu’elle trouvera sans doute en Espagne ou en Allemagne… Au lieu de privilégier le développement agricole de proximité, et d’inciter au développement de circuits courts… il vaut mieux multiplier les camions sur les routes… !!!

Et qu’adviendra-t-il des salariés ? Parce que d’autres échéances du même ordre sont à craindre, lorsque l’on voit la stratégie du groupe pour augmenter son taux de profit: certains investissements industriels actuels sont effectués sans aucune garantie pour l’emploi. Ce serait même tout le contraire: selon les syndicalistes, de nouvelles saignées sont à craindre dans les années à venir, au moulage des jambons, au ramassage des blisters, à la mise en caisse…. L’effectif total du site de Feytiat (87) pourrait ainsi descendre à 250 salariés. De quoi relativiser les annonces du groupe affirmant sa volonté de passer de 22.000 par an à 45 000 tonnes traitées sur le site limougeaud.

Cela montre aussi la nécessité de mener une politique de gauche courageuse face aux grands groupes: il faut, par la loi, interdire les licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices…, combattre la mise en concurrence des régions (ce que n’hésite pas à faire Turenne Lafayette à travers ses différents sites industriels en France, jouant la carte du chantage à l’emploi…).

Bien évidemment les élus Limousin Terre de Gauche ont assuré les représentants syndicaux de leur appui, ont promis qu’ils contribueraient à faire connaître la politique industrielle actuelle de Madrange (n’hésitez pas, vous aussi, à faire suivre cette information !), et qu’ils saisiraient toutes les opportunités pour que les collectivités locales ne jouent pas, encore une fois, à l’autruche.

Parce qu’il s’agit bien d’une casse sociale de grande ampleur: à Madrange, de restructuration en restructuration, depuis 2005, ce sont 311 CDI qui ont été supprimés… ainsi que de très nombreux intérimaires !

Comme le dit l’adage populaire, «dans le cochon, tout est bon»… ce n’est malheureusement pas le cas dans le jambon !

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