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Fév 12

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Pour une Agriculture écologique et paysanne

Les «livrets de la France insoumise» complètent l’Avenir en commun (édition Le Seuil, 3 €), le programme de la France insoumise et de son candidat Jean-Luc Mélenchon. L’Avenir en commun n’a de sens que si nous le construisons ensemble au cours d’un processus collectif de débats. La collection des « livrets de la France insoumise » offre cet espace d’échanges pour enrichir le programme en continu.
Les livrets abordent une variété de sujets qui donneront à la France son nouveau visage et l’inscriront différemment dans le monde. On peut gouverner autrement le pays si l’on se tourne vers le peuple.

Ce livret « Pour une Agriculture écologique et paysanne » a été rédigé par un groupe de travail coordonné par Laurent Levard, agro-économiste et Ève Saymard, agronome. Ce qui suit est un survol non exhaustif « (…) » de ce petit ouvrage de 36 pages qui n’a d’autre but que de donner envie d’aller y voir de plus prés tant ce programme est prometteur et enthousiasmant !

 

1 • Notre constat : l’agriculture productiviste détruit tout.
L’agriculture fournit l’essentiel de notre alimentation. Or le modèle agricole actuel détruit tout : l’écosystème, la santé des consommateurs et celle des paysans.
(…) La politique agricole commune (PAC) ne permet plus la régulation des marchés, comme le montre la fin des quotas laitiers et sucriers. Les subventions restent dépendantes de la taille des exploitations, ce qui favorise les plus grandes et accélère l’expansion d’une agriculture productiviste. Les traités
européens poussent à l’internationalisation de l’agriculture et imposent le libre-échange. (…) Dans le même temps, le foncier agricole est rongé par l’urbanisation, essentiellement sur les meilleures terres, ce qui constitue une menace pour la sécurité alimentaire de long terme.
La libéralisation menée par l’OMC et les accords de libre-échange mettent en concurrence les agriculteurs des différentes régions du monde alors que les différences de productivité et de subventions agricoles sont gigantesques (…)
2 • Notre projet : une agriculture écologique et paysanne pour une alimentation de qualité
une agriculture écologique et paysanne, répondant à l’intérêt général et reposant sur un nouveau pacte entre les agriculteurs et l’ensemble de la société ;un système alimentaire durable garantissant le droit de toutes et tous à une alimentation de qualité.
(…) la réintégration dans chaque territoire de la production fourragère, des productions végétales et des activités d’élevage, mettant ainsi fin à l’actuelle sur-spécialisation des territoires et à la dépendance en protéines végétales importées, tout en favorisant l’adaptation de l’agriculture au changement climatique ;
la conversion progressive de l’ensemble de l’agriculture aux principes de l’agriculture écologique et biologique (notamment l’absence de pesticides, d’engrais de synthèse et d’OGM) ;
la reconnaissance du service de gestion de l’environnement rendu par les paysans et que doit rémunérer la société ;
(…)
– la relocalisation de productions actuellement sacrifiées (notamment les fruits et légumes) sur le territoire national ;
(…)
Cette agriculture requiert davantage de travail. Elle s’accompagne aussi d’une reconquête de l’autonomie alimentaire au moyen du développement de productions de qualité pour le marché intérieur. C’est pourquoi notre objectif est la création de 300 000 nouveaux emplois à l’horizon de 10 ans, grâce à l’installation de nouveaux paysans et salariés agricoles, issus de tous les milieux.
Pour permettre la transition écologique de l’agriculture, la paysannerie doit bénéficier : de prix agricoles rémunérateurs, stables et protégés des aléas du marché mondial dans le cadre d’une souveraineté alimentaire retrouvée. Il s’agit de sortir de l’aberration actuelle où, du fait de la libéralisation, les prix sont insuffisants pour rémunérer le travail agricole et doivent être en partie remplacés par des subventions (…)
3 • De nos champs à nos assiettes,changer de modèle !
Voici nos huit priorités. Elles impliquent une refondation de la PAC et des politiques européennes. Dans le cadre d’un plan A et du mandat de l’Assemblée nationale, ces propositions seront portées au niveau de l’Union européenne, notamment dans le cadre des négociations pour la PAC 2020. Certaines de ces mesures constituent des lignes rouges et seront appliquées quoi qu’il en soit (prix minimum et révision du droit de la concurrence, incompatibles avec les accords de libre-échange).
Si les négociations échouent ou si le peuple français décide par référendum d’appliquer le plan B, nos propositions seraient mises en œuvre à un niveau national ou pluri-national redéfini.
1. Planifier et réaliser la transition écologique de l’agriculture
L’arrêt des projets de fermes-usines (…) L’abandon des objectifs d’intégration d’agrocarburants et des mesures d’incitation. À terme, il s’agit d’interdire les agrocarburants qui entrent en compétition avec les usages alimentaires, sauf pour l’autonomie de la ferme elle-même (…) L’interdiction des pesticides les plus dangereux pour la santé humaine et pour  l’environnement, et notamment les néonicotinoïdes, les herbicides à base de glyphosate, des « OGM cachés » échappant à l’actuelle législation sur les OGM (outre le maintien de l’interdiction des autres cultures d’OGM), le dépôt de brevets sur le vivant, (…) Adaptation des formations dispensées dans l’enseignement agricole aux nécessités de la transition écologique de l’agriculture (…) Le soutien financier à la transition vers des systèmes d’agriculture écologique
2. Bien manger : un droit pour tous !
(…) Calendrier de transition au 100 % bio des structures publiques sur cinq ans et soutien à l’acquisition par les structures de restauration collective publiques ou privées de produits biologiques issus de filières de proximité. (…)
3. Mieux rémunérer les producteurs.
Mise en place, pour certaines productions, de prix minimums aux producteurs et de taxes à l’importation (…) Application intégrale des règles nationales de rémunération du travail (y
compris des cotisations sociales) à l’ensemble des salariés de l’agriculture et de l’agroalimentaire (abattoirs, etc.) travaillant en France pour éradiquer le dumping via le détachement de travailleurs (…)
4. Bien vivre en milieu rural
Revalorisation des retraites agricoles au minimum au niveau du SMIC pour une carrière complète, avec un objectif de convergence avec le régime général, afin d’enrayer la précarité en milieu rural (…) Maîtrise et contrôle des populations de loups et d’ours (…)
5. Garantir l’accès à la terre (…) Mise sous condition stricte d’une surface maximale par actif
agricole lors des nouvelles autorisations d’exploiter (…) Abrogation du support légal au « pas de porte » (fonds agricole) et obligation (…) pour les propriétaires non-exploitants de mettre en location.
6. Non à l’artificialisation des terres !
Mise en place d’un plan de protection généralisée du foncier agricole, forestier et naturel, s’inspirant de la loi « littoral », en vue de réduire de 90 % le processus actuel d’artificialisation des terres agricoles, de libérer les élus locaux des pressions exercées en vue d’une telle artificialisation et de stopper la spéculation sur les terres agricoles urbanisables  (…)
7. Dans l’agriculture aussi, faire la révolution citoyenne !
(…) La mission des chambres d’agriculture et des instituts techniques devient exclusivement une mission de service public au service de la transition écologique de l’agriculture (…) Libération de la recherche agronomique du poids des lobbys privés, au moyen d’un financement public à 100 % des activités de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), des universités (…) Un service public vétérinaire et phytosanitaire est créé sur le modèle des centres de santé municipaux, indépendant des lobbys pharmaceutiques, renforçant les approches préventives et permettant aux agriculteurs d’accéder à des soins vétérinaires et à des conseils phytosanitaires de qualité à des tarifs abordables.
8. Assurer la sécurité alimentaire au niveau international et organiser la transition écologique des agricultures
Instaurer le protectionnisme solidaire et mettre en échec des accords de libre-échange en cours de négociation : : faire obstacle – au besoin par l’usage du droit de veto – à la conclusion du cycle de Doha de l’OMC, à la signature des accords de libre-échange (TAFTA avec les Etats-Unis, CETA avec le Canada et accords de partenariat économique avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique) négociés par l’Europe et aux pressions exercées sur les pays du Sud pour libéraliser leurs marchés (…) Sortir des traités européens et exiger la refondation de la politique agricole commune pour en finir avec le libre-échange généralisé, la course au gigantisme et à l’agro-business, et le dumping fiscal et social à l’intérieur de l’Union européenne (…) Construire une alliance stratégique avec les pays engagés dans la défense de la souveraineté alimentaire et de l’agriculture paysanne et promouvoir des accords de solidarité et de coopération (…) Défendre le principe de la non-brevetabilité du vivant,(…) Interdire aux entreprises opérant en territoire français d’être liées à des processus d’accaparement de terres et de déforestation dans le monde (…) Mettre en œuvre une politique agricole cohérente portant l’objectif de souveraineté alimentaire par une production centrée sur les besoins du marché intérieur, par la protection dudit marché, par l’interdiction d’utiliser directement ou indirectement des aides pour exporter à prix de dumping, par l’arrêt des importations d’agrocarburants et de l’essentiel des matières premières de l’alimentation animale. (…)

 

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  1. « Vos déclarations sont des illusions » » Le Parti de Gauche de la Haute-Vienne

    […] Dans l’Avenir en commun … […]

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