«

Déc 03

Imprimer ceci Article

Retraites : le faux dilemme

Pour réformer (déformer?) dans le sens de votre idéologie, présentez une situation de la façon qui vous arrange : peut importe que le raisonnement soit fallacieux, pourvu qu’il prenne l’apparence d’une évidence.

Le faux dilemme des retraites consiste à laisser croire qu’il n’existerait que deux solutions pour équilibrer les comptes des retraites, à savoir baisser les pensions ou bien augmenter les cotisations. Le projet gouvernemental prévoit en même temps une baisse générale des pensions et une augmentation des cotisations par leur allongement dans le temps. Et il se paie le luxe d’écrire le projet concurrent : si vous ne voulez pas travailler plus longtemps, alors vous devez nécessairement augmenter les cotisations et donc amputer le pouvoir d’achat des français. À moins que vous ne soyez un irresponsable qui préfère regarder mourir le système sans rien faire ?

Pari réussi : le débat médiatique est enfermé dans le carcan de ce faux choix dont toutes les options valident la même politique libérale de modération salariale.

Dans un récent rapport du conseil d’orientation des retraites, le déficit annoncé en 2025 serait compris entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros selon les hypothèses économiques (croissance, chômage…) retenues. Un déficit qui varie du simple au double : et ce en l’absence de réforme structurelle puisque c’est à cette date que le gouvernement prévoit la mise en oeuvre de sa réforme.

Certes, depuis 1980 le rapport entre actifs cotisants et retraités pensionnaires s’est inversé. Mais dans le même temps la productivité des salariés a explosé, y compris dans les métiers peu concernés par les gains de productivité d’origine technologique. Pour ne citer qu’un exemple, les infirmières en milieu hospitalier, il y a 10 ans, étaient 10 pour soigner 10 malades quand elles doivent en soigner 15 aujourd’hui.

En 1980, un salarié du secteur privé travaillait en moyenne 9,5 jours/an pour rémunérer le capital, contre 45 jours/an aujourd’hui ; en 20 ans, la base de calcul des salaires de la fonction publique a perdu 20% de sa valeur.

Naturellement, cet écrasement des salaires ampute d’autant les rentrées de cotisations sociales ; ajoutons au bilan les multiples mesures d’exonérations de “charges” censées “booster la compétitivité” ou “améliorer le pouvoir d’achat des français” : un tout autre tableau est brossé.

Ne nous laissons pas enfermer dans un débat tronqué, et rappelons au macronisme qu’il omet (opportunément) un grand nombre de mesures, beaucoup plus favorables aux caisses de retraites comme à l’intérêt général, parmi lesquelles : la lutte contre le chômage, la précarité et le temps partiel contraint, l’augmentation du SMIC et la revalorisation du point d’indice de la fonction publique, ou encore des mesures fortes pour contraindre le monde du travail à payer les femmes à hauteur de leurs homologues masculins.

Ensemble, ce 5 décembre 2019, mobilisons-nous massivement contre cette réforme menée contre toute logique et tout un pays.

Grand rassemblement jeudi 5 décembre à Limoges 10h30 carrefour Tourny

Lien Permanent pour cet article : http://www.pg87.fr/retraites-le-faux-dilemme/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.