«

»

Nov 19

Imprimer ceci Article

Révoquer les élu-es: un question qui chemine dans les têtes…

imagesA l’irresponsabilité du Président de la République, cette fameuse irresponsabilité prévue par la Constitution qui permet au Chef de l’État de déployer sa politique, sans obligation de rendre de comptes en cours de mandat au seul souverain qui vaille: le Peuple, QUE PEUT-ON OPPOSER ?

Dans le « cas Hollande » la distance entre la politique prônée pour se faire élire et celle mise en œuvre depuis deux ans, au-delà de son caractère vertigineux souligne à l’envi comment dans le cadre d’une formidable concentration des pouvoirs ce président peut, utilisant sans vergogne les dispositions constitutionnelles, trahir à loisir ses engagements de campagne, sans rendre de compte ni au Parlement ni naturellement à ses électeurs. Au contraire, surfant sur les échecs de sa politique, il dissuade les « frondeurs » de son camp d’aller trop loin dans la dénonciation de cette politique les menaçant de dissoudre le Parlement avec à la clé le risque de leur défaite devant les électeurs: LA POLITIQUE DE LA CORDE ET DU PENDU !

N’était-ce pas le même Hollande alors candidat à la présidentielle qui parlait de la nécessité en cours de mandat d’une «vérification démocratique» c’est-à-dire vérifier l’adéquation entre les promesses du candidat et leur effective mise en œuvre ?

Un tel cynisme émanant d’un « responsable » politique qui n’a pas craint en l’espace de deux ans et demi de se défaire de son faux nez de gauche en faveur d’un programme pro-Medef, rencontre certes la colère de celles et ceux qui « l’ont fait roi » mais aussi et surtout plus positivement pour la suite l’émergence, certes encore minoritaire, d’un principe: CELUI DE LA RESPONSABILITÉ PERMANENTE DES ÉLU-ES n’ayant rien à voir naturellement avec l’irresponsabilité consubstantielle aux institutions actuelles. Aucun dirigeant élu ne doit être à l’abri du devoir de rendre des comptes, cela en conformité avec l’article 15 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui stipule que « la Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration« .

Le 15 Novembre dernier dans le cadre de la manifestation dite du «Collectif triple A», cette idée de la révocabilité des hauts responsables politiques (dans le cadre de référendums voulus par le peuple) était présente puisque notre dénonciation de la politique d’austérité était dans le même temps celle du détournement de la souveraineté populaire incarné par la politique pro-Medef administrée avec une application confondante par un président « ennemi de la finance » ! On le voit bien, la question sociale et la question des institutions ne sont pas séparables. L’austérité a besoin de la 5ème république en France, comme elle a besoin de la Troïka en Grèce pour s’imposer sans débat, comme de l’Europe actuelle avec l’active complicité des gouvernements libéraux, socio-démocrates ou de collusion entre ces forces.IMGP5700

Nous pouvons penser que la revendication d’une sixième république loin de se situer « hors sol» est le facteur unifiant de la période, susceptible de favoriser l’intervention du peuple pour affirmer ses droits et se détourner de la démagogie mortifère du Front National qui ne trouve pas grand-chose à redire aux institutions anti- démocratiques de la 5ème République.

Jean Pierre NORMAND

Article publié dans l’Écho, le  19 Novembre 2014

Lien Permanent pour cet article : http://www.pg87.fr/revoquer-les-elu-es-un-question-qui-chemine-dans-les-tetes/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.