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Nov 03

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Sortir du diesel : un impératif écologique dont la faisabilité sociale est cruciale !

« Sortir du diesel et plus largement des énergies carbonées dans le transport est une urgence d’intérêt général humain. »

« Si nous voulons avoir des chances de limiter le réchauffement du climat à 1,5 °C, la vente de ces véhicules fortement émetteurs en Europe doit atteindre zéro autour de l’année 2028. En bref, nous avons dix ans devant nous pour mettre un terme à la vente des véhicules essence, diesel et hybrides. » prévient Greepeace . Comment y parvenir ? C’est une responsabilité politique majeure que de proposer un chemin praticable et donc faisable socialement. Nos dirigeants s’en remettent aux mécanismes de marché assortis d’une fiscalité dite incitative, c’est à dire dans les faits matraquant  la grande masse de la population, en particulier les plus modestes. Cette politique  de nantis irresponsables  nous conduira encore plus vite dans le mur.

« La hausse des prix du carburant engendre à juste titre l’indignation de ceux à qui elle s’applique. Elle provoque, dans le grand nombre qui ne se résigne pas, une volonté de résister contre le gouvernement Macron. S’il y a indignation c’est parce que cette hausse intervient parmi tant d’autres sur les produits de première nécessité de la vie courante. Elle appauvrit sévèrement les personnes mises à contribution car elles n’ont aucune alternative à l’usage de leur véhicule personnel. Elles n’ont pas le choix entre des modes de transport aussi longtemps que des alternatives à la voiture et à ses carburants n’existent pas. Ni pour les déplacements de la vie quotidienne de leur famille ni pour aller travailler ou accéder aux services dont dépend leur existence »  déclarent les députés de la France Insoumise. Ils ont bien raison.

C’est  d’autant plus  vrai pour nous, ici, en Limousin, à l’heure où le projet de nouvelle convention TER de la région Nouvelle-Aquitaine risque fort de sacrifier nos lignes de train au profit de la route et de nouveaux projets autoroutiers ! « Un transfert de certaines lignes ferroviaires vers la route semble donc se dessiner » note le cabinet DEGEST dans son récent rapport d’étude (page 63). 

Et on viendra ensuite nous dire qu’il faut rouler moins ou rouler plus propre, alors même que les politiques publiques nationales, régionales et locales rendent la chose de plus en plus impraticable pour la grande masse des gens !

« S’il y a indignation c’est aussi parce que les personnes principalement frappées sont montrées du doigt comme irresponsables face à la crise écologique. Que peut une personne au SMIC qui doit faire des dizaines de kilomètres par jour pour aller travailler alors que Emmanuel Macron continue à fermer les gares et à détruire le maillage des transports publics ? Comment accepter l’appauvrissement de millions de gens alors que les plus gros pollueurs et notamment le secteur aérien ne sont pas taxés sur le carburant ? Comment peut-on donner des leçons aux personnes en milieu rural alors que le gouvernement Macron continue de les empoisonner en soutenant une agriculture glyphosatée et liée au lobby de la chimie ? » poursuit notre groupe parlementaire.

Selon François Ruffin, « sur les 9 ou 10 milliards de taxe carbone perçus en 2018, 1,8 milliard est destiné aux énergies renouvelables. Au-delà, plus grand-chose à voir avec la transition écologique. Trois milliards vont au Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), et pour le reste les ressources vont au budget général – un budget marqué en 2018 par le trou créé, entre autres, par la suppression de l’ISF et de ses 4 milliards d’euros de recettes. Mettez-vous dans la peau de nos concitoyens qui, à chaque fois qu’ils vont faire le plein, se disent qu’ils sont là pour renflouer des caisses vidées par des avantages consentis aux ménages les plus fortunés. Ce n’est ni logique, ni cohérent ! Et cela abîme la légitimité populaire de la taxe carbone, qui ne doit pas servir à boucher les trous d’un budget mal ficelé ! »

Dans l’Avenir en Commun nous proposons  de supprimer dans un premier temps l’avantage fiscal du gazole pour les flottes d’entreprise. Et nous ajoutions, en 2017, par la voix de Jean-Luc Mélenchon: « La sortie du diesel ne sera socialement possible que si des mesures fortes sont prises pour venir en aide aux actuels propriétaires de véhicules diesel, pour les aider soit à renoncer à leurs véhicules s’ils le peuvent, soit à en changer pour des véhicules moins polluants ».

Plus fondamentalement, on ne gagnera pas la bataille du climat sans articuler enjeu écologique et questions sociales. L’affaire si elle n’est pas simple,  est pourtant impérative. C’est tout l’enjeu du projet écosocialiste, qui  associe les principes de l’écologisme et du socialisme, et que porte le Parti de Gauche notamment. « L’écosocialisme est la réponse humaine raisonnée à la double impasse dans laquelle est enfermée dorénavant l’humanité en raison des modes de production et de consommation de notre temps qui épuisent l’être humain et l’environnement. Elle appelle une pensée et une action politique radicale, au sens où elle doit aller à la racine des causes » . ( 1er manifeste des Assises de l’écosocialisme, à cliquer sur l’encart en haut à gauche de ce site !)

 

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1 comment

  1. Laurent

    100% d’accord. On a là un exemple de greenwashing typique de l’idéologie libérale. Afin de maintenir à bout de bras le capitalisme et ne pas socialiser les transports, on culpabilise les gens en invoquant la responsabilité individuelle pour masquer un choix politique. Cela peut même servir à relancer l’industrie automobile. Pendant ce temps, au lieu d’investir dans les transports en commun on construit des autoroutes et des rocades afin de soutenir un aménagement du territoire et un urbanisme socialement et écologiquement irresponsables. Les vrais responsables de la pollution se donnent bonne conscience en roulant dans des voitures prétendument vertes et touchent tranquillement les dividendes de leurs actions dans le BTP, l’industrie automobile et le pétrole.

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