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Nov 06

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Une mort digne pour les animaux d’élevage, c’est possible…

Article de Danielle SOURY, Conseillère municipale de Limoges, Groupe Limoges Terre de Gauche. (Lire directement sur le Blog de Danielle Soury)

Les informations rapportées hier par la presse concernant notre régie municipale d’abattoir ont été, et à juste titre, source d’une grande émotion et de beaucoup d’interrogations chez nos concitoyens.

unknownNotre groupe a adressé immédiatement un courriel au maire (transmis à la presse) pour demander que tout la lumière soit faite.

Plainte a été déposée par l’association L214 au parquet de Limoges. La Mairie assure quant à elle que l’abattage de vaches gestantes est parfaitement légal. L’abattoir est un prestataire de service; les animaux ne lui appartiennent pas, il n’a donc aucune obligation de pratiquer un « test de grossesse » à leur arrivée. La seule obligation concerne les propriétaires des animaux qui ont interdiction de transporter des vaches dont la gestation est supérieure à 50 jours. La préfecture a confirmé que ce type d’abattage est conforme à la législation française et communautaire.

Nous verrons bien ce qu’en dira la justice mais l’enjeu essentiel ici n’est pas d’abord juridique. Les salariés de l’abattoir municipal font un travail difficile et l’abattoir de Limoges a été classé parmi les meilleurs en Europe par une récente commission européenne. L’enjeu va donc bien-au-delà du droit puisque en tout état de cause le droit autorise ces pratiques: l’enjeu porte fondamentalement sur notre rapport aux animaux, au monde vivant et à notre environnement… Bref sur le type de société que nous voulons.

Des champs à nos assiettes, il faut changer de modèle. Dans son volet agriculture-alimentation, l‘Avenir en commun, le programme de la France Insoumise note que « le modèle agricole productiviste actuel détruit tout: l’écosystème, la santé des consommateurs et celle des paysans ». On pourrait ajouter: il détruit même, légalement, la dignité des animaux d’élevage. L’agriculture écologique que nous prônons se donne ainsi également pour objectif le respect du bien-être des animaux d’élevage. Elle passe par un plan national permettant d’accompagner l’ensemble des agriculteurs dans la transition écologique de l’agriculture, basé notamment sur l’arrêt des projets de fermes-usines; la redéfinition des normes d’élevage (densité, aire de pâturage) en vue du respect de la condition de vie des animaux d’élevage; l’amélioration et l’application effective de la réglementation sur les conditions d’abattage, afin de limiter au maximum la souffrance animale et de rendre possible l’abattage à la ferme. Il va de soi qu’un tel plan de transition intégrera le devenir des salariés dépendant directement de  l’agriculture tels ceux des abattoirs (à l’image de la transition énergétique et de la sortie du nucléaire qui ne peuvent se faire qu’avec les salariés du nucléaire).

Ces propositions de la France Insoumise ne tombent pas des nues. Elles convergent avec bien d’autres.

« Nous savons tous qu’à un moment donné l’animal va être sacrifié. A mon sens, il ne peut y avoir d’élevage sans abattage. Le problème est celui de la mort digne de l’animal », a indiqué à l’AFP Mikel Hiribaren, secrétaire général de la Confédération paysanne.« Une mort digne pour les animaux d’élevage c’est possible », explique Jocelyne Porcher, directrice de recherches à l’INRA.  Des pistes de propositions sont avancées comme celle d’abattoirs mobiles, à la ferme ou via des plate formes collectives reliées à des abattoirs locaux.

Enfin, cette affaire a mis aussi en évidence le rôle crucial des lanceurs d’alerte puisque c’est par un lanceur d’alerte, Monsieur Mauricio Garcia-Pereira que cette question a été mise dans le débat public. Je salue ici le courage de ce salarié. « Il faut protéger les lanceurs d’alerte et investir les salariés d’une mission d’alerte sociale et environnementale » propose à fort juste titre l’Avenir en commun. Pour ma part, en tant que membre du Conseil d’Administration de l’Abattoir, j’ai adressé au nom de mon groupe un courrier au Président du CA demandant sa réunion d’urgence notamment pour auditionner ce lanceur d’alerte et j’ai demandé qu’aucune sanction ne soit prononcée à son encontre. 

 

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