Fév 13

Solaire de classe

En milieu urbain, la seule ressource énergétique renouvelable est le rayonnement solaire. Sa captation par la biomasse est limitée par la densité du bâti, encore qu’une réflexion approfondie mériterait d’être conduite pour optimiser la valorisation des déchets verts (amendement des sols, compostage, méthanisation, coproduction de chaleur). Reste la captation directe par panneaux solaires, avec un gisement conséquent de surfaces de toitures.

disclaimer

Bien entendu, la politique énergétique d’une ville ne saurait se limiter à la pose de panneaux solaires ( les économies d’énergie réalisables dans le transport et le bâtiment constituent un gisement énergétique bien plus conséquent ), non plus qu’une véritable politique écologique ne se résume au problème énergétique. Il s’agit ici de mettre en lumière, par un exemple concret, ce qui distingue radicalement notre démarche écosocialiste des approches superficielles de l’écologie et du capitalisme vert.

Au charbon

En avant pour la ville écologique : l’équipe municipale fraîchement élue lance la mise en œuvre de son programme. Une question surgit au moment de préparer le premier appel d’offre : photovoltaïque ou thermique ? Un détail technique semble-t-il, mais un choix technique peut être aussi un enjeu à la croisée des politiques économiques, énergétiques, écologiques et sociales.

Combien Ça Coûte la transition énergétique

Côté budget, un panneau photovoltaïque est plus onéreux qu’un panneau thermique, mais il produit de l’énergie électrique, mieux valorisable que la chaleur produite par son concurrent ( l’électricité peut être transformée en une autre forme d’énergie ou exportée sur le réseau tandis que la chaleur a un usage plus restreint et doit être consommée sur place ) . Le bon gestionnaire prendra soin d’établir un plan d’amortissement solide, en privilégiant les solutions comptables présentant un retour sur investissement rapide afin de pouvoir réinvestir rapidement dans la transition énergétique.

Du local au global

Sur le plan énergétique, l’intérêt général commande de prendre en compte le réseau électrique dans son ensemble, au-delà de l’échelon local. Une installation trop massive d’unités de production électrique, intermittente par nature, pourrait obliger les opérateurs nationaux à déployer des moyens pour combler les “trous de production” aux effets contraires aux objectifs politiques affichés localement.

Futuroscope

Parmi les options sur la table pour maintenir le réseau électrique en équilibre, citons, sans approfondir :

  • les centrales thermiques ( fioul, gaz, charbon ) : les émissions de GeS sont différées dans le temps et l’espace, la ville zéro émissions n’est finalement qu’un conte pour enfants.
  • des centres de stockage sur batteries : crise du lithium et des terres rares, possibles tensions géopolitiques.
  • un pilotage de la demande par variation du prix de l’électricité, par opérateur, par abonné, et en temps réel (merci Linky de rendre tout cela possible !) : soit une forme de délestage social… Merci à “ceux qui ne sont rien” de bien vouloir débrancher leur électroménager pendant le pic de consommation de 19h sous peine d’amende de surfacturation.

Caliente

La production thermique, intermittente elle aussi, est en revanche plus performante et plus simple à stocker jusqu’à une vingtaine d’heures, dans un simple ballon d’eau chaude, mais son usage plus limité ne couvrira que la partie “chaleur” des besoins énergétiques.

Finalement, photovoltaïque et thermique sont techniquement complémentaires ( une entreprise française produit d’ailleurs un panneau hybride ) mais concurrents en terme d’emprise foncière et financière.

À qui profite le crime ?

Il est un sujet rarement abordé, mais loin d’être anecdotique : qui bénéficie de l’équipement ? Dans le cas d’une installation thermique, s’agissant d’un élément de production de chaleur ( eau chaude et complément de chauffage ), elle est consommée directement par les occupants du bâtiment, qui voient le montant de leurs charges baisser en conséquence. L’installation photovoltaïque en revanche constitue une rente pour le(s) propriétaire(s), quand elle n’est pas recaptée en remboursements d’emprunt par la banque qui a financé l’investissement.

Smart-City : le meilleur des mondes

L’imaginaire du citoyen aisé inquiet du sort de la planète est nourri d’électricité solaire alimentant via la smart-grid écoquartiers et voitures électriques. Au point que le panneau photovoltaïque domestique devient un marqueur social – au même titre que les équipements domotiques, la piscine “naturelle” et le SUV électrique.

Thanksgiving 2019, embouteillage de Tesla à une station de recharge entre Los-Angeles et San-Francisco

Pas d’APL pour la chaudière

Dans les quartiers populaires, l’horizon est obstrué par la précarité énergétique : coupures électriques pour impayés (plus d’eau chaude), factures de fioul abyssales, renoncement au chauffage individuel, froid et humidité qui dégradent l’habitation, chauffage collectif hors de prix car l’immeuble est une passoire thermique, charges contraintes jusqu’au défaut de paiement…

“En même temps”, c’est nous !

Le projet écosocialiste, qui lie constamment écologie et progrès social, fait une fois encore la démonstration de sa pertinence : la démarche écologique la plus efficace est celle qui bénéficie d’abord aux plus précaires. On réhabilite les logements anciens avant de bétonner de nouveaux lotissements high-tech gentrifiés. Le toit de l’immeuble produit d’abord de l’eau chaude pour ses occupants avant d’assurer une rente électrique aux propriétaires. On organise un réseau de transports en communs dense et gratuit pour tous avant d’installer des bornes de recharge adaptées au dernier modèle de Tesla.

Investissons massivement dans l’écologie populaire. Question d’efficience, ou question d’humanité. Selon que vous ayez une tête ou un cœur, c’est vous qui voyez.

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Fév 11

Parlons peu, parlons vélo

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Fév 11

Le cœur de l’hôpital public se brise

Le Collectif Inter Hôpitaux (CIH) organise une manifestation

le 14 février 2020
sur la parvis du CHU de Limoges
à partir de 12h30

Soyons nombreux à déclarer notre flamme à l’hôpital public en cette journée de la Saint-Valentin.

pour assurer ses missions de soins dans des conditions acceptables pour les patients et le soignants, l’hôpital a besoin de lits, de personnels, de salaires.

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Jan 27

Inauguration du local de Vivons Limoges

Jeudi 30 janvier à 18h,

la liste (vraiment) citoyenne Vivons Limoges inaugure son local de campagne situé

16, avenue Émile Labussière à Limoges.

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Déc 19

17 décembre : Limoges en lutte

Manifestation contre la réforme des retraites

Mouvement des personnels hospitaliers

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Déc 13

Emplafonnement des retraites à grands coups de PIB

Drôle de musique que cette réforme des retraites. Le refrain nous sert la vieille rengaine du “bon père de famille” confronté au faux-dilemme du financement des caisses de retraite, mais en couplet, on nous chante autre chose : la réforme ne serait pas paramétrique mais systémique. Il ne s’agirait pas de manipuler un taux de cotisation par-ci ou un nombre de trimestres de cotisations par-là, mais de remplacer complètement la mécanique. Objectif : régler définitivement le “problème” des retraites.

Plus de retraites, plus de problèmes

Exit le pilotage syndical et les interventions politiques : on annule et remplace tout le patchwork social par une formule mathématique parfaite et définitive : le rêve technocratique est en marche !

À l’image des statuts d’une Banque Centrale Européenne programmée pour lutter contre l’inflation sans considération pour les peuples, la retraite universelle de Macron n’a qu’un seul objectif : contenir le système par répartition à 14% du PIB national.

Certes, le PIB progresse chaque année, mais il suit la croissance des prix à la consommation (hors crise économique). Côté démographie, les boomers (nés entre 1944 et 1974) sont encore peu nombreux à avoir atteint l’âge de la retraite. Toujours le même gâteau, mais de plus en plus de convives à table ? Les marcheurs ont inventé LA solution : la machine à étaler les miettes sur la nappe ! Pas d’inquiétude, les assureurs privés sont prêts à passer le balai prendre le relai…

le bug dans la Matrice

Dans le meilleur des cas, le plafonnement à 14% du PIB (“financement à taux actuel” dans les milieux autorisés) provoquerait un appauvrissement progressif des retraites par répartition. Mais en cas de crise économique, comme celles de 1993 ou de 2008, avec un PIB en récession et des prix qui se maintiennent, la machine pourrait bien s’emballer, entraînant un appauvrissement massif des seniors suivi d’un effondrement de la consommation intérieure qui aggraverait encore la situation, jusqu’à l’emballement : créer un risque systémique infiniment plus grand que celui qu’elle prétend régler, un comble pour une réforme systémique !

Souple et solide à la fois !

Finalement, si la réforme est présentée comme brouillonne par les commentateurs médiatiques, c’est parce qu’elle est en même temps paramétrique et systémique, ce qui provoque un conflit d’intérêts entre acteurs de la macronie. D’un côté les technos qui veulent voir aboutir la réforme systémique, quitte à différer son application (clause du grand-père) ; de l’autre les rapaces qui s’intéressent davantage à l’augmentation de leurs marges à court terme ; et entre les deux, les assureurs privés qui ont intérêt à une mise en œuvre rapide de la double réforme pour que s’ouvre à eux un énorme marché.

manifestation contre la réforme des retraites, le 5 déc. 2019 à Limoges

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