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Déc 13

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Les GPII ne sont pas des grands chantiers publics !

  Ce samedi 8 décembre 2012 a eu lieu la 3ème journée européenne d’actions décentralisées et coordonnées contre les Grands Projets Inutiles et Imposés (GPII). Le Parti de Gauche réaffirme son opposition à ces GPII.

Planete Shadok TroueeIl le démontre par l’implication nationale de ses élus et militants dans la lutte contre le projet d’EPR, sa demande de moratoire sur le Lyon-Turin et d’abandon du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, son soutien sans faille à tous les habitants de la ZAD (Zone à défendre), ou localement contre le projet de LGV Limoges-Poitiers,…
C’est bien entre régions et municipalités que s’ancrent le plus obstinément ces grands projets d’un autre âge.  Ils ont perdu leur pertinence, bloquant ainsi des marges de manœuvre financières. À tel point qu’ils doivent être défendus par des campagnes publicitaires coûteuses pour la collectivité, comme pour la LGV !

 Ces « GPII » parviennent à réaliser autour d’eux, pour des raisons souvent obscures, la surprenante union sacrée d’élus de tous bords, que font sans doute encore rêver billets d’avions ou de TGV. Tels les Pharaons avec les pyramides, ces élus semblent vouloir y lier à jamais leur avenir et leur réflexion politique. Qu’ils ouvrent enfin les yeux, interrogent leurs vieilles certitudes et écoutent leurs concitoyens, qui ne sont pas forcément les moins lucides pour savoir ce qu’il faut construire pour notre avenir commun.
Outre leur inutilité économique et sociale, ces GPII sont écologiquement destructeurs, nuisibles à la biodiversité et dévoreurs d’espaces naturels et de terres agricoles (60 000 ha par an disparaissent sous le béton !). Ils portent atteinte aux objectifs de production locale et de souveraineté alimentaire.
Sur le plan démocratique, le système de partenariats public-privé, au coeur de la plupart des GPII, place la puissance publique au service d’intérêts privés et exclut les populations de la prise de décision. Pour trouver une issue progressiste à la crise systémique du capitalisme et du productivisme, n’y a-t-il pas mieux à faire que de chercher de nouvelles rustines au service du capitalisme financiarisé, qui immanquablement se traduiront par des services hors de prix pour la grande majorité des citoyens devenus clients plutôt qu’usagers ?

L’heure est au contraire à l’élargissement de la sphère de la gratuité, notamment par la reconquête et le développement des services publics. Pour faire face aux défis sociaux et environnementaux du temps présent, il faut résolument expérimenter de nouvelles pratiques tarifaires pour l’eau, le transport, la collecte et le traitement des déchets, l’énergie, les activités sportives et culturelles,… Il s’agit de conjuguer une base de gratuité pour tous et une sur-tarification des fortes consommations afin d’inciter à la sobriété et de dissuader le gaspillage ostentatoire. Qui peut croire qu’on y parviendra dans de pseudo «partenariats» avec Vinci, Veolia  et consorts ?

Le projet écosocialiste présenté par le Parti de Gauche lors des Assises pour l’Écosocialisme du 1er décembre représente une alternative politique, centrée sur la réorientation planifiée de nos productions et de nos consommations, en fonction de leur utilité sociale et de leur empreinte écologique.
Réorienter radicalement nos modes de production et de consommation implique une planification écologique pour engager les grands chantiers publics éco-citoyens que seront par exemple la géothermie profonde, le ferroutage, les énergies marines, ou le  réinvestissement humain dans les campagnes, aux terres agricoles préservées, par une reconversion à grande échelle de l’agriculture  hyper-productiviste qui s’enfonce chaque jour un peu plus dans l’impasse. Nos agriculteurs le savent bien, pour en subir l’implacable loi, jusque sur leur santé.
Cette planification écologique doit être issue d’un processus démocratique, associant les citoyens à la prise de décision au moyen de conférences de participation populaire, au niveau local et national.
Alors que vient de s’achever, il y a quelques jours, la 18ème conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Doha et que la Banque Mondiale elle-même tire la sonnette d’alarme sur les émissions de gaz à effet de serre, il est grand temps d’amorcer la bifurcation écosocialiste dont notre pays a besoin et de montrer la voie en Europe pour sortir du productivisme, dont les Grands Projets Inutiles et Imposés (GPII) sont les symptômes les plus anachroniques.

Danielle Soury et Jean-Pierre Frachet, Co-secrétaires du Parti de Gauche 87
Publié dans le Forum de  l’Écho du 12/12/2012.

 

Lien Permanent pour cet article : https://www.pg87.fr/les-gpii-ne-sont-pas-des-grands-chantiers-publics/

1 comment

  1. J.B.

    Magnifique illustration, tellement juste ! Bravo
    par contre, pour illustrer l’écosocialisme : le buen vivir des gibis !
    pendant ce temps là, sur leur planète, les Gibis faisaient la fête

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