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Avr 10

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Portrait citoyen…

2015_03_portrait_eric_site_pg2Eric Saba, candidat de l’Alternative aux élections départementales explique les raisons qui l’ont conduit à accepter d’être candidat…

“Monsieur, votre discours est politique et ce n’est pas le lieu”.

Plus simplement, je pensais que ma pensée était citoyenne.

Mais non. Il ne s’agissait pas, pour mon interlocuteur/trice de s’interroger sur le contenu ou la légitimité du discours. Il s’agissait de poser la question du lieu (inadéquat, selon lui/elle) et de m’encourager au silence définitif, le tout emballé dans un mépris mal dissimulé.

Qu’en penser ?
1. il n’est donc pas possible de s’exprimer partout… c’est dommage.
2. si la politique, c’est s’exprimer sur les choix de société, c’est une belle chose.

Dans le même temps, j’échangeais avec un ami auteur avec qui je partage une vision du monde dépitée mais tournée vers l’espoir. Alors que je lui faisais part de mon allergie complète à l’idée même d’approcher une carte politique, Erwan Larher me répondit :

« T’as raison, t’as qu’à laisser faire les autres… ».

Mon sang n’a fait qu’un tour et j’ai pris ma carte au « Parti de Gauche » le 18 mars 2012…
La suite ?

Mars 2013 : délégué pour la Haute-Vienne au Congrès de Bordeaux.
Mars 2014 : candidat sur la liste « Limoges Terre de Gauche » aux Municipales et j’ai plaisir à travailler avec tous les individus (encarté-e-s ou non) qui œuvrent dans le même sens : le Front de Gauche.
Mars 2015 : candidat remplaçant de Didier Faydi aux Départementales sur le canton Puy-Las Rodas, Roussillon, Isle, au côté de Julia Laborie et Claude Toulet. C’est le Front de Gauche avec les Verts et Nouvelle Donne : « l’Alternative » !

Je reviens sur le mois de mars 2014. A quelques voix près, donc, je me retrouvais conseiller municipal en compagnie de 12 autres conseillers « Limoges Terre de Gauche », portant une réflexion sur l’organisation de la ville, la gratuité, le périscolaire, les transports, l’associatif, les arts, la culture et leur indépendance, l’alimentation, la restauration scolaire, le bio et les circuits courts, etc. (pour ne citer que ces points). Sauf que les urnes ont parlé… Et un an plus tard, au lieu de réaliser ces projets, voilà qu’il faut se battre parce que, de notre point de vue, la ville connaît un «bond en arrière». C’est, par exemple la fin de la gratuité des activités périscolaires (qui fabrique inégalités de traitement, injustices, difficultés d’organisation…) sur laquelle la mairie est revenue en partie sous la pression exercée, c’est la promotion de la vidéo-surveillance quand nous portions le « Vivre Ensemble » grâce à une redéfinition du déplacement dans la ville, une suppression de la vision sectorisée, grâce au transport collectif, à la réflexion sur l’utilisation de la voiture, etc.

J’entends l’écœurement et le dégoût exprimés par beaucoup mais je ne soutiens pas l’abstention. J’écoute les arguments, ils sont souvent de bon sens, étayés, s’appuient sur l’Histoire, sur une réflexion aboutie, mais je ne peux m’empêcher de penser que c’est un piège tendu* et une catastrophe : on laisse les rênes du pouvoir, que l’on voudrait partager avec les citoyens, à quelques hommes (majoritairement) qui font la pluie et le beau temps… et tirent le monde dans le sens contraire aux valeurs que l’on partage. On me dit qu’il y aura un jour une réaction… Pour l’instant, j’observe la montée inexorable de l’extrême-droite (en effet, la “réaction” au sens politique…). Qu’elle gagne ou non des voix, l’abstention fait qu’en plus de laisser systématiquement le pouvoir au 2ème tour aux tenants du bipartisme, elle a permis à l’extrême-droite de finir en tête aux Élections Européennes en 2014.

Au-delà des injustices observées (le chômage, la précarité, l’austérité pour les uns, les dividendes**, l’évasion fiscale*** et la toute-puissance de la finance pour les autres…?), ce qui a motivé mon engagement, c’est la désagréable impression que la démocratie n’était pas en forme… En 2008, le NON au référendum sur le Traité Constitutionnel (vote du 29 mai 2005) qui aurait permis de redéfinir les bases d’une Europe tout autre que celle qui joue les pompiers pyromanes en ce moment, a été bafoué : la droite et les élus socialistes ont rendu possible ce que les citoyens électeurs avaient refusé. On connaît la suite…

La démocratie, je la trouve dans le travail fourni au quotidien qui me permet, entre autres, de faire le lien entre les citoyen-ne-s et les élu-e-s qui portent nos idées, nos mots. J’ai donc accepté d’être candidat car je retrouvais dans « L’Alternative sociale, écologique et démocratique » les valeurs que je souhaite défendre. Le mot « Politique » lorsqu’il est redéfini par son étymologie (organisation de la société réfléchie par chacun dans l’intérêt de tous, tout en respectant l’individu) n’est pas un « gros mot ».

J’aime réfléchir en écrivant. Je viendrai donc poser ici, à l’occasion, quelques réflexions, observations. Ce sera l’occasion d’échanger, de partager, de poursuivre quelque débat entamé ailleurs, pour fabriquer – tous ensemble – Notre Monde.

“Monsieur, votre discours est politique et ce n’est pas le lieu”. J’ai trouvé le lieu. Merci.
Citoyen, associatif, syndiqué, politique et… libre.

Eric SABA

///

* prochain article
** (+30% au 2ème trimestre 2014)
*** (80 milliards en moins, chaque année, dans les caisses de l’état français)

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