«

»

Juin 17

Imprimer ceci Article

Transports urbains: oser l’écosocialisme à Limoges !

images-1Toutes les grandes agglomérations sont aujourd’hui confrontées à deux enjeux majeurs qui dessineront leur avenir: assurer la permanence du lien social pour conforter sans faillir le vivre ensemble et engager enfin la bifurcation écologique.

Limoges, notre ville, n’y échappe pas: nous sommes nous-aussi à la croisée des chemins. La métropolisation actuelle impose des réflexions porteuses de remises en questions. Quelle ville voulons-nous ? Les prochaines échéances municipales doivent être l’occasion d’en délibérer publiquement et d’en décider démocratiquement. Pour nous, c’est en tout cas notre conviction profonde, la perspective se doit d’être résolument éco-socialiste.

C’est un nouveau projet urbain qu’il s’agit de proposer, cohérent et en prise directe avec notre ambition: l’Humain d’abord. Une telle perspective appelle des réorientations fondamentales en matière d’urbanisme et de maîtrise foncière, de déploiement et d’implantation des services publics, de logements éco-sociaux et d’habitat, de sites de la vie culturelle, sportive et démocratique, avec l’ objectif d’une implication accrue des citoyens dans la vie de la cité,…

Évoquons ici plus particulièrement la question des transports qui condense une grande partie des enjeux. Depuis les années 1970, les cheminots de la CGT, relayés par les élus du Parti Communiste Français, ont proposé d’intégrer dans le réseau des transports urbains les quelques dizaines de kilomètres de rails qui traversent la ville en au moins six directions. En les articulant de manière dynamique et complémentaire au réseau de trolleys et de bus, l’ensemble du système bénéficierait d’une nouvelle efficacité et d’une sécurité accrue, celles que procure le transport ferroviaire.

Cette proposition novatrice prenait déjà en compte l’extension de la ville et les multiples déplacements qu’elle générait, à une époque où il n’était pas encore question de métropolisation. Métrolim – telle était son nom – , bien qu’ayant suscité de l’intérêt et même un certain engouement ne recueillit pas alors l’adhésion des autorités politiques, même si la SNCF avait engagé une étude de faisabilité qui n’était pas négative, loin s’en faut.

Cette proposition portait pourtant déjà loin. Elle anticipait sur des besoins de la population et sur des contraintes environnementales qu’il est dorénavant impossible d’ignorer. N’est-il pas urgent de la réexaminer sérieusement – nous la nommerions Tramlim -, et de l’intégrer dans une nouvelle architecture des transports urbains ? La nécessaire prise en compte de l’équilibre de notre écosystème si malmené exige de nous de l’audace dans la recherche des meilleures solutions.

Imaginons un peu, à titre d’exemple, une liaison cadencée utilisant le réseau ferré existant entre Le Palais et Nexon et/ou Aixe sur Vienne. Elle peut desservir dans des conditions de sécurité et de ponctualité sans égal des lieux de travail, de scolarité secondaire et universitaire, de « simple promenade » ou de divertissements, aussi nombreux que Ester Technopole, le Zénith, les lycées Saint-Exupéry, Jean Monet, Maryse Bastié, Raoul Dautry, le centre ville et ses lycées, le CHU, le CHS, les facultés… Sans parler des nombreuses zones industrielles qui jouxtent ou qui sont proches de ces sections de voies ferrées. Par le “Nexon-Bénédictins” c’est 12 minutes, et en lisant son journal ! Les voies sont là et les investissements d’infrastructures se limitent à l’aménagement léger des accès (quais, accès à la voirie,…). Le reste est affaire de réorganisation des lignes de trolleys et de bus en concertation avec les usagers et les personnels pour une bonne complémentarité. Quant au matériel roulant, des solutions simples, économiquement abordables et efficaces existent déjà.

D’autres sections de réseaux peuvent s’interconnecter: les portions des axes ferroviaires Paris/Toulouse – Limoges/Brive par Saint-Yrieix – Limoges/Poitiers – Limoges/Le Palais – Limoges/Saint-Junien. Un cadencement horaire entre Saint-Junien et Limoges bénéficierait quotidiennement à des milliers d’habitants, se déplaçant pour des raisons professionnelles dans un sens comme dans l’autre… Dans un tel réseau, progressivement constitué, le nœud naturel de Limoges-Bénédictins, voire de la gare Montjovis, ne serait pas nécessairement un terminus ou un point de départ mais un simple point de croisement des trafics fluides et non centralisés entre Ambazac, Le Palais, Saint-Léonard, Nieul, les ZI de Romanet et Nord de Limoges, Aixe sur Vienne, Nexon… Limoges.

Oui, sans plus tarder, dans une région comme la nôtre à faible armature urbaine où il est actuellement impossible pour le plus grand nombre de vivre normalement sans le recours constant à l’automobile, cette solution permet d’anticiper la montée inexorable et largement pénalisante du prix des carburants, tout en luttant contre la pollution et en redonnant de l’autonomie aux exclus de l’automobile.

Car au-delà, il s’agit de penser autrement la ville et d’y conforter le vivre ensemble. Personne ne souhaite l’isolement, l’assignation à résidence dans son quartier ou son village. L’expansion radicale du domaine des transports en commun, intégrant en intermodalité et à cadencement régulier et adapté le rail, les trolleys et les bus, s’inscrit dans l’ambition d’un mieux vivre ensemble. Nous ressentons toutes et tous cette urgente nécessité de recréer des rapports d’échanges, de convivialité et de confiance entre concitoyens. La réussite de ce projet implique la possibilité d’un usage égal par tous les citoyens. Ce qui appelle la GRATUITÉ sans conditions des déplacements, qu’ils soient professionnels, scolaires, familiaux, conviviaux ou culturels.

Une utopie ? Non ! Pourquoi ce qui a très bien réussi ailleurs (Chateauroux, Aubagne, tout récemment Tallinn, capitale de l’Estonie, et demain Avignon…) serait-il impossible à Limoges ? Le taux du versement transport* est chez nous l’un des plus bas de France pour les agglomérations comparables (1,02 % qui rapporte de 15 à 17 millions d’euros par an, alors qu’il peut être porté à 1,8 %, voire 2 %). Et la billetterie ne représente qu’un quart des 21 millions d’euros des coûts de fonctionnement annuel des transports urbains. Plus qu’affaire d’argent, c’est de choix politique fort qu’il s’agit: que veut-on financer ? La LGV pour quelques uns ou la gratuité d’usage des transports en commun quotidiens pour tous ?

Ce choix est à portée de main. Osons le faire !

Danielle SOURY , Jean-Pierre FRACHET co-secrétaires du Comité de la Haute-Vienne du Parti de Gauche,   Jean-Pierre NORMAND, ancien Vice-Président, chargé des Finances de LIMOGES Métropole.

Article publié dans l’Écho le 13 Juin 2013

* Le versement transport est du par les entreprises qui emploient plus de 9 salariés dans le périmètre d’une autorité organisatrice de transports.

Pour aller plus loin :

• le site d’Aubagne:http://www.aubagne.fr/fr/actualite.html?tx_ttnews[tt_news]=611&cHash=02e7adfe8abdc0bb28ea032c5eb34498

• là-bas si j’y suis:  http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-j-y-suis-vous-vous-souvenez-quand-il-fallait-payer

la revue métropolitiques

•  une vidéo des Amis de la Terre

Lien Permanent pour cet article : https://www.pg87.fr/transports-urbains-oser-lecosocialisme-a-limoges-2/

2 pings

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.