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Jan 12

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Vincent Peillon n’est pas dans le rythme…. scolaire !

D’un espoir de changement à une réformette il n’y a qu’un pas !

stories-education_crayonsJeudi 1er janvier, Vincent Peillon s’est rendu à Brest, pour présenter sa réforme des rythmes scolaires.
Brest fait partie de ces villes “innovantes” qui pratiquent la semaine de 4 jours et demi, dans le cadre d’un projet éducatif local “très dynamique”.
Ce sont pourtant ces mêmes projets éducatifs locaux, au Mans, ou encore à Toulouse qui expérimentent d’autres modèles depuis des années, qui pourraient être mis à mal par notre ministre de l’éducation nationale. Ecole sur 5 journées équilibrées avec activités coordonnées avec la mairie… après midi thématiques culturelles et sportives.. etc..
Ce sont aussi d’autres aménagement, notamment dans les zones de montagnes, basés sur 4 jours et prenant en compte les besoins spécifiques locaux qui pourraient être remis en cause. L’austérité interdit décidément toute refondation territoriale égalitaire de l’école de la République.

Mais au delà de cette question centrale de l’organisation à l’école primaire de la semaine en 4 jours ou 4 jours et demi qui monopolise les débats, journées déséqulibrées, avec 4 journées à 5H30 maximum et le mercredi en matinée à 3h30 maximum…

QUID des véritables enjeux et des rythmes de l’enfant dans son statut d’élève ?

Vincent Peillon, à l’orée de la réforme affirmait ainsi revoir le “zonage” des vacances scolaires, afin d’offrir 7 semaines de cours et 2 semaines de congés à tous les élèves de France comme le recommande les chrono-biologistes de tous bords !
Il a finalement plié, et sans une forte résistance, devant les lobbies des professionnels du tourisme, pour revenir à une situation bien connue où les élèves vivront par zone des situations bien différentes, entre 5 et 8 semaines de cours entres les congés, selon les cas et les années.
Il existe pourtant plusieurs autres modèles d’aménagement du temps scolaire, sur 5 ou 6 jours, énoncés par des pédo-psychiatres de renom.. mais la révolution de l’école n’est pas pour aujourd’hui..

Mais ce qui a amené les membres du Conseil Supérieur de l’Education à rejeter le décret se situe ailleurs.
La plupart des syndicats d’enseignants se sont abstenus ou on voté contre, considérant qu’une telle réforme, même imparfaite ne pouvait pas se faire sans de bonnes bases.

La création de quelques nouveaux postes dans les premier et second degrés pour la rentrée prochaine, et un réaménagement de la formation initiale des enseignants sont bien loin de la rupture nécessaire face à la saignée sans précédents opérée par le gouvernement précédent.
Ainsi, en Limousin, dans le premier degré, ce sont 20 postes supplémentaires créés pour 131 supprimés en 2012 et dans le second degré, les 21 postes créés sont à comparer aux 147 supprimés en 2012 et aux 500 postes perdus sous l’ère Sarkozy !
Le compte n’y est donc pas, loin s’en faut !

Nationalement ce sont 80.000 postes qui ont été supprimés entre 2007 et 2012. Les créations de postes dorénavant prévues par le ministre de l’éducation nationale ont été revues à la baisse : 40 000 contre les 60 000 promises pendant sa campagne par notre président normal…
Dans le même temps, les salaires des enseignants français parmi les plus bas en Europe, n’ont pas été revalorisés depuis des années.

Le flou persiste sur les conséquences de cette réforme sur le temps de travail des enseignants du primaire.
Le ministre veut plus de maîtres que de classes dans les écoles en difficulté.. oui, mais sur projet pédagogique et postes à profil ! Ces postes particuliers associés à une idée dévoyée de projet pédagogique, sont dans la continuité des idées du gouvernement précédent, et installent de manière sournoise un modèle de “management” par le haut à l’anglo-saxonne, où les enseignants sont différenciés sur une base de pseudo “mérite”, incitant ainsi à des évolutions libérales de l’éducation nationale.
Les conseils d’école ne serait pas décisionnaires et simplement consultés pour l’organisation de cette réforme au niveau local.
Les maires et les Directeurs Académiques de l’Education Nationale (DASEN) seraient souverains !
Or une réforme du temps scolaire, en adéquation avec un réaménagement des temps d’enseignement, ne peut se faire sans les enseignants, à la va vite et nécessite beaucoup plus qu’un simple réaménagement de la semaine de 4 jours en 4 jours et demi !
Oui à plus de maîtres que de classe mais avec une réorganisation des journées, avec un équilibre sur la semaine, la prise en compte de modes d’enseignements alternatifs, etc… une concertation avec les enseignants en replaçant le conseil d’école au centre des débats.

L’école est une base fondamentale de la République. Elle vaut plus que cette réformette de façade juste à même de satisfaire des lobbies des professionnels du tourismes et transformant les rythmes scolaires en simple alibi politique !

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